Sarkozy, l'anti de Gaulle

Publié le par Sébastien NANTZ et Christophe CHASTANET

Après le dernier voyage de Nicolas Sarkozy en Algérie du 3 au 5 décembre, qui oserait encore prétendre que celui-ci est l'héritier du général de Gaulle ?

De Gaulle qui, en effet, était directement visé lorsque Nicolas Sarkozy a revendiqué la responsabilité de la France vis à vis de la situation qu'ont connu les Harkis : "Pour la France, pour moi, la cause des harkis est une cause sacrée car on ne peut pas les tenir responsables d'avoir cru en la parole de la France".

Condamnant de fait la décolonisation juste après avoir critiqué le système colonial, mais le président de la République n'en est plus à une contradiction prêt, clientélisme oblige !

Au delà des raccourcis historiques, ces propos marquent une nouvelle rupture avec la politique étrangère gaulliste, après celle opérée devant le parlement américain où Nicolas Sarkozy avait prêté serment d'allégeance.

Nous sommes bien loin de la politique que la France a connu depuis la fondation de la Vème République respectée par tous les successeurs du général de Gaulle y compris par ceux qui l'avaient combattu.

Mais Nicolas Sarkozy est loin de s'arrêter là puisque nous voyons également ressurgir dans ses propos le communautarisme, celui-ci évoquant son désir de voir davantage de français apprendre la langue arabe, annonçant, pour y parvenir, l'organisation en 2008 d'assises sur la culture et l'enseignement de la langue arabe.

Ne devrait-il pas plutôt organiser des assises sur la langue française, de plus en plus méconnue ou déformée par une génération qui ne sait plus s'exprimer dans la langue de Molière ? Nicolas Sarkozy est-il au courant que la langue de la République est le français et uniquement le français (article 2 de la Constitution, alinéa 1) ?

Les propos tenus lors et après ce voyage en Algérie n'ont pas manqué d'être dénoncés par un député UMP, le villepiniste Jean-Pierre Grand qui, à cause de son manque de discipline, a été immédiatement suspendu de l'UMP... il semblait pourtant que le pouvoir en place voulait redonner plus de liberté à nos députés !

Décidemment, les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent...

Publié dans Elections 2007

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Alain KERHERVE 25/05/2008 10:39

Billet de (mauvaise) humeur.
 
 
Ils magouillent et nous embrouillent…
 
Le débat parlementaire sur la révision constitutionnelle est clair. L'UMP et le PS essaient de trouver un terrain d'entente pour modifier notre constitution. Le marchandage est à son comble. "J'accepte ta proposition, tu ne t'opposes pas à la mienne …".
J'ai eu l'occasion de l'exprimer à plusieurs reprises sur Objectif-France : les propositions gouvernementales du tandem Sarko-Fillon conduisent au retour du "régime exclusif des partis". Pourquoi ?
 
Retenons trois propositions majeures du projet, mais non exclusives, allant dans ce sens :
 
-          L'article 4 modifié propose : "Des droits particuliers peuvent être reconnus par la loi aux partis et groupements politiques qui n’ont pas déclaré soutenir le Gouvernement." Le législateur présuppose donc pour lui-même (On mesure ici toute l'ambigüité du processus de révision retenu) que les parlementaires restent assujettis aux partis dont ils sont issus et qu'ils s'imposent une conduite exclusivement "pour" ou totalement "contre". En conséquence, la constitution exclurait d'elle-même toute majorité spécifique soit à un sujet soit à une actualité particulièrement délicate en fonction des circonstances. Ainsi, le droit de vote du parlementaire, aujourd'hui personnel, serait demain cadré et contraint.
-          L'article 25 proposé rétablit une pratique gouvernementale que l'on croyait obsolète : les parlementaires appelés au gouvernement retrouveront automatiquement, c'est-à dire sans repasser par le suffrage universel, leur siège de député ou de sénateur. La séparation fonctionnelle des pouvoirs législatif et exécutif n'existe plus. La carrière des hommes politiques sera totalement encadrée par les partis La solidarité gouvernementale, règle fondamentale de la Vème république, volera en éclat.
-          Enfin, l'expression du Président de la république devant les parlementaires réunis ou non en congrès (qu'importe la forme) déplacera le centre de gravité de la démocratie du peuple souverain vers son expression la plus réductrice : le parlement.
 
Dans cette affaire, les partis politiques reprennent le pouvoir. Il n'est donc pas étonnant qu'ils "magouillent et nous embrouillent" à leur seul profit, et au détriment de la seule chose qui vaille : la France.
Sarkozy veut tuer la Vème république. A défaut de la VIème réclamée à grands cris par les apparatchiks socialistes, il négocie le retour "aux délices" de la défunte IVème qu'il veut ressusciter.
Il avait oublié le "gaullisme", aujourd'hui il poignarde la France.
 
Alain KERHERVE
www.gaullisme.fr

Alain KERHERVE 12/05/2008 10:59

H. Gaymard a raison de clamer haut et fort que le gaullisme n'est pas mort avec la disparition du Général en 1970.
Doit-on faire parler de Gaulle aujourd'hui pour commenter l'actualité nationale et internationale ?
Ceux qui ont accompagné un moment l'aventure gaullienne, celle de la guerre 39-45 ou celle, plus politique, des débuts de la Vème république, ceux qui s'en réclament bien souvent honteusement pour des raisons purement électorales usent et abusent du même stratagème : personne ne peut dire ce que le Général dirait aujourd'hui !
Bien entendu ! Mais que cette litanie sonne faux. Le propos est fort simpliste et trop facile. Il est fait pour les fragiles et les dociles.
Ne faisons pas parler de Gaulle ! Mais nous savons (il suffit pour cela d'une peu de mémoire) ce que le Général n'accepterait pas aujourd'hui :
Ø                 une Europe supranationale privant la France de la maîtrise de son destin,
Ø                 une démarche politicienne de nos élites s'apparentant de plus en plus "aux délices" de la 4ème république,
Ø                 une déliquescence de l'Etat, donc un affaiblissement notoire de la Nation,
Ø                 l'abandon de la politique d'indépendance et l'alignement systématique sur les thèses anglo-saxonnes (réintégration dans toutes les structures de l'Otan),
Ø                 l'absence d'une réelle politique économique, industrielle et sociale œuvrant pour l'établissement d'une société participative de tous les acteurs,
 
La position d'Edouard Balladur est évidemment une fuite en avant face aux exigences du gaullisme authentique.
Que les Gaymard, de Villepin, Dupont-Aignan, Lefranc … trouvent le chemin de l'union et de l'entente. C'est à ce prix que le gaullisme permettra à la France de recouvrer son indépendance et sa grandeur.
Alain KERHERVE
www.gaullisme.fr

Kerherve 01/03/2008 11:55

Le gaullisme de Sarkozy : zéro pointé !  C'est clair pour le commun des mortels. Nicolas Sarkozy utilise le général de Gaulle pour redorer son blason.Profitant de l'inauguration de l'Historial Charles de Gaulle ce vendredi 22 février, le Président de la République s'est octroyé une "parenthèse gaulliste" comme aiment à le faire remarquer les médias qui ont couvert l'évènement."Ce n'est pas le moindre des paradoxes de l'histoire de notre pays que d'avoir unanimement célébré la mémoire du grand homme alors que tout au long de son existence sa légitimité fut contestée" précise dans son allocution Nicolas Sarkozy, pensant ainsi positiver l'effondrement vertigineux de sa popularité dans les sondages d'opinion. Mais, faut-il le rappeler, la légitimité du Général n'a jamais été contestée que par ses éternels adversaires des "féodalités" que le fondateur de la Vème république vilipendait dans le monde politique et syndical.En toute occasion, et toujours, le général de Gaulle a bien pris soin d'emporter le soutien du peuple souverain. Battu le 27 avril 1969 lors du référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat, il a mis immédiatement un terme à son mandat. Une leçon de démocratie que nos élites politiques actuelles devraient méditer ! Nicolas Sarkozy peut affirmer sans cesse, et comme une excuse à sa trahison, que nul ne peut prétendre savoir ce que le Général dirait aujourd'hui de la situation de la France, mais il ne saurait ignorer ce que le fondateur de la Vème république a toujours refusé : mettre en œuvre une politique sans l'adhésion des Françaises et des Français. J'ai souvent eu l'occasion d'émettre ici des réserves, bien plus, des critiques sur les initiatives et actions du Président Chirac : cohabitation, quinquennat, construction européenne, pour ne citer que les plus criantes. En revanche, j'ai pu apprécier à sa juste valeur la position qu'il a défendue dans l'affaire irakienne malheureusement toujours d'actualité. De même, s'il n'a pas tiré toutes les conséquences de son échec référendaire le 29 mai 2005 sur le traité établissant une constitution européenne, laisser le peuple se déterminer souverainement après un large débat contradictoire peut être mis à son actif. Aussi :- la politique "show-biz" du locataire actuel de l'Elysée et ses égarements verbaux de plus en plus nombreux dénaturent la fonction présidentielle ;- la ratification du protocole européen de Lisbonne par les seuls parlementaires, véritable coup de force contre les Français, entame gravement sa légitimité ;- l'alignement inconditionnel de sa politique étrangère sur celle des Etats-Unis met, en conséquence, un terme à la politique d'indépendance initiée par le général de Gaulle et poursuivie jusqu'aujourd'hui par ses successeurs ;- sa volonté maintes fois affirmée d'intégrer les forces militaires françaises dans les structures de l'Otan contrairement à ce que le Général a décidé le 7 mars 1966 en sortant la France du commandement de l'Otan et en exigeant la fermeture immédiate des bases US sur le territoire national ;- la transformation de notre propre texte fondamental qu'il nous concocte à partir du rapport Balladur, rompant les équilibres de nos institutions qui font la force de la constitution gaullienne ; ... représentent tant de ruptures profondes avec le gaullisme authentique qu'il m'arrive, chaque jour un peu plus, à regretter néanmoinsla présidence de Jacques Chirac.  Alain KERHERVEwww.gaullisme.fr 

briere remi 09/01/2008 17:10

bonne année 2008.dlr76

Sébastien 12/12/2007 10:24

Bonjour Jérome,
Malheureusement alliance de façade, il n'a jamais été décidé de quoi que ce soit lors de cette réunion hormis du constat qu'il faut un référendum.
Chevènement a été reçu hier rue de Solférino pour préparer les municipales et cantonales aux côtés des autres partis de gauche. NDA, quant à lui, sera aux côtés de la majorité lors de ces échéances.
Il faudrait être un doux rêveur pour imaginer les deux claquer la porte de leur famille politique, ils l'ont tenté une fois chacun et sont revenu dans le nid. Je crains qu'ils n'aient trop besoin l'un de la gauche, l'autre de la droite pour exister.