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DE GAULLE ET L'EUROPE

« Pour organiser l’ Europe, qu’on la prenne donc comme elle est, c’est à dire comme un ensemble formé de peuples très distincts dont chacun a, bien à lui, son corps, son âme, son génie et, par suite, doit avoir ses forces. Renvoyons aux géomètres les plans étranges qui prétendent mêler, à l’intérieur des mêmes unités, les contingents de pays divers pour fabriquer l’armée apatride. Où donc les soldats de cette Babel militaire iraient-ils puiser leur vertu ? Si, pour une coalition, il est nécessaire d’instituer entre Etats, par délégation de tous système unique aux échelons supérieurs du commandement, le principe qui domine tout c’est qu’une armée se bat avant tout pour son pays, sous l’autorité de son gouvernement et sous les ordres de ses chefs. Aucune, je dis aucune, de celle que doit fournir l’Europe ne saurait être ni bâtie, ni employée, autrement ».

Charles de Gaulle, discours prononcé à Nîmes, 7 janvier 1951.

 


« Y a-t-il une France, une Allemagne, une Italie, une Hollande, une Belgique, un Luxembourg, qui soient prêts à faire, sur une question importante pour eux au point de vue national et au point de vue international, ce qui leur paraîtrait mauvais parce que cela leur serait recommandé par d’autres ? Est-ce que le peuple français, le peuple allemand, le peuple italien, le peuple hollandais, le peuple belge, le peuple luxembourgeois, songeraient à se soumettre à des lois que voteraient des députés étrangers, dès lors que ces lois iraient à l’encontre de leur volonté profonde ? Ce n’est pas vrai ! Il n’y a pas moyen, à l’heure qu’il est, de faire en sorte qu’une majorité étrangère puisse contraindre des nations récalcitrantes. Il est vrai que, dans cette Europe «intégrée» comme on dit, il n’y aurait peut-être pas de politique du tout. Cela simplifierait beaucoup les choses. En effet, dès lors qu’il n’y aurait pas de France, pas d’Europe, qu’il n’y aurait pas de politique faute qu’on puisse en imposer une à chacun des six états, on s’abstiendrait d’en faire… »

Charles de Gaulle, conférence de presse tenue au palais de l’Elysée, le 15 mai 1962.

 


« Pas d’ union européenne, disaient-ils, sinon par une intégration à direction supranationale ! Pas d’union européenne, si l’Angleterre n’en fait pas partie ! Pas d’union européenne, sauf à incorporer dans une communauté atlantique ! » Pourtant, il est clair qu’aucun des peuples n’admettrait de confier son destin à un aréopage principalement composé d’étrangers. De toute façon, c’est vrai pour la France. Il est clair également, que l’Angleterre, grande nation et grand état, l’accepterait moins que quiconque. Il est clair enfin, que, fondre dans une politique multilatérale atlantique le position de l’Europe, ce serait en sorte qu’elle-même n’en ait aucune et, dès lors, on ne voit pas pourquoi elle en viendrait à se confédérer. »

Charles de Gaulle, conférence de presse tenue au palais de l’Elysée, 31 janvier 1964.

 


« On peut faire des discours sur l’Europe supranationale. Ce n’est pas difficile: il est facile d’être un jean-foutre »

Charles de Gaulle Réception à l’Elysée, 10 juin 1965

 


« La France savait aussi bien que quiconque, en tout cas beaucoup mieux que ceux qui ne sont pas européens, qu’il ne peut y avoir d’Europe qu’en vertu des ses nations, que, de par la nature et l’histoire, notre continent est tel que la fusion n’y est que confusion, à moins qu’elle ne soit l’oppression, qu’on n’est pas un européen si l’on est un apatride, que, par exemple, Chateaubriand, Goethe, Byron, Tolstoï pour ne parler que des romantiques n’auraient rien valu du tout en volapük ou en espéranto, mais qu’ils sont toujours de grand écrivains de l’Europe parce que chacun d’eux s’inspira du génie de son pays. »

Charles de Gaulle, conférence de presse tenue à l’Hôtel Continental, 12 novembre 1953.

 


« Dante, Goethe, Chateaubriand, appartiennent à toute l’Europe dans la mesure même où ils étaient respectivement italien, allemand et français. Ils n’auraient pas beaucoup servi l’Europe s’ils avaient été des apatrides et s’ils avaient pensé, écrit en quelque « espéranto » ou « volapük » intégré… »

Charles de Gaulle, conférence de presse tenue au Palais de l’Elysée, 15 mai 1962.

 


« Chaque peuple est différent des autres, avec sa personnalité incomparable, inaltérable, irréductible. Si vous voulez que des nations s’unissent, ne cherchez pas à les intégrer comme on intègre des marrons dans une purée de marrons. »

« C'est en vertu de cette destination de l’Europe qu’y régnèrent les empereurs romains, que Charlemagne, Charles Quint, Napoléon, tentèrent de la rassembler, qu’Hitler prétendit lui imposer son écrasante domination. Comment, pourtant, ne pas observer qu’aucun de ces fédérateurs n’obtient des pays soumis qu’ils renoncent à être eux-mêmes ? Au contraire, l’arbitraire centralisation provoquera toujours, par chocs en retour, la virulence des nationalités. Je crois donc qu’à présent, non plus qu’à d’autres époques, l’union de l’Europe ne saurait être la fusion des peuples, mais qu’elle peut et doit résulter de leur systématique rapprochement. »

Charles de Gaulle, Mémoires d'Espoir, pages 181

 


« Pour pouvoir aboutir à des solutions valables, il faut tenir compte de la réalité. La politique n’est rien d’autre que l’art des réalités. Or, la réalité, c’est qu’actuellement, l’Europe se compose de nations. C’est à partir de ces nations qu’il faut organiser l’Europe et, s’il y a lieu, de la défendre. Au lieu d’une fusion intolérable et impraticable, pratiquons l’association. En poursuivant des chimères, on a déjà perdu des années. »

Charles de Gaulle, conférences de presse tenue à l’Hôtel Continental, 25 février 1953.

 


« Alors, il faut prendre les choses comme elles sont, car on ne fait pas de politique autrement que sur les réalités. Bien entendu on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant « l’Europe ! », « l’Europe ! », « l’Europe ! » mais cela n’aboutit à rien et cela ne signifie rien. Je répète: il faut prendre les choses comme elles sont. (…)
Alors vous en avez qui crient: « Mais l’Europe, l’Europe supranationale ! Il n’y a qu’à mettre tout cela ensemble, il n’y a qu’à fondre tout cela ensemble, les français avec les allemands, les italiens avec les anglais, etc. » Oui, vous savez, c’est commode et quelques fois c’est assez séduisant, on va sur des chimères, on va sur des mythes mais ce ne sont que des chimères et des mythes; Mais il y a les réalités, et les réalités ne se traitent pas comme cela. Les réalités se traitent à partir d’elles-mêmes. »

Charles de Gaulle, deuxième entretien radiodiffusé et télévisé avec Michel Droit, 14 décembre 1965.

 


(…) Or on sait, Dieu sait si on le sait ! Qu’il y a une conception différente au sujet d’une fédération européenne dans laquelle, suivant les rêves de ceux qui l’ont conçue, les pays perdrait leur personnalité nationale, et où, faute d’un fédérateur, tel qu’à l’Ouest tentèrent de l’être - chacun d’ailleurs à sa façon - César et ses successeurs, Charlemagne, Othon, Charles Quint, Napoléon, Hitler, et tel qu’à l’Est s’y essaya Staline, ils seraient régis par quelque aréopage technocratique, apatride et irresponsable. On sait aussi que la France oppose à ce projet contraire à toute réalité le plan d’une coopération organisée des états évoluant, sans doute, vers une confédération. Seul, il pourrait permettre un jour l’adhésion de pays tels que l’Angleterre ou l’Espagne qui, comme le nôtre, ne saurait accepter de perdre leur souveraineté. Seul, il rendrait concevable dans l’avenir l’entente de l’Europe tout entière. »

Charles de Gaulle, conférence de presse tenue au Palais de l’Elysée, 9 septembre 1965.

 


« Eh quoi ? Ces deux peuples se battent depuis plus de vingt siècles; l’Allemagne est sans relâche en proie à l’instinct de domination, hier encore il s’en est fallu de bien peu pour qu’elle ne tuât la France ! Rien n’est plus simple que d’arranger cela. Mélangeons cette France et cette Allemagne ! En particulier puisque la France victorieuse a une armée et que l’Allemagne vaincue n’en a pas, supprimons l’armée française ! Créons ensuite une armée apatride faite de français et d’allemands…

Charles de Gaulle, conférence de presse, novembre 1953.

 


« L’essentiel pour jouer un rôle international c’est d’exister par soi même, en soi même chez soi ».

Charles de Gaulle, 1959.

 


« Tout système qui consisterait à transmettre notre souveraineté à des aréopages internationaux serait incompatible avec les droits et les devoirs de la république. »

Charles de Gaulle, 1963.

 

Après tant de leçons, on pourrait penser que, la guerre finie, les milieux qui prétendent conduire l’opinion se montreraient moins disposés à la subordination. Il n’en n’est rien. Au contraire! Pour l’école dirigeante de chaque parti politique, l’effacement de notre pays est devenu une doctrine établie et affichée. Tandis que du côté communiste, il est de règle que Moscou a toujours raison, toutes les anciennes formations professent le « supranational », autrement dit la soumission de la France à une loi qui ne serait pas la sienne. De là, l’adhésion à « l’Europe » vue comme une construction dans laquelle des technocrates formant un « exécutif » et des parlementaires s’investissant du législatif -la grande majorité des uns et des autres étant formée d’étrangers - auraient qualité pour régler le sort du peuple français. De là, aussi, la passion pour l'organisation atlantique qui mettrait la sécurité, par conséquent la politique, de notre pays à la discrétion d'un autre. De là, encore, l'empressement à subordonner les actes de nos pouvoirs publics à l'agrément d'institutions internationales où, sous les apparences de délibérations collectives, s'exerce en toutes matières, politiques, militaires, économiques, techniques, monétaires, l'autorité suprême du protecteur et où nos représentants, sans jamais dire: "nous voulons", ne feraient que "plaider le dossier de la France". De là, enfin, l’incessante irritation provoquée dans le gent partisane par l’action que je vais mener au nom d’une nation indépendante.

Mais, en revenche, les soutiens ne me manqueront pas. Sentimentalement, j'aurai celui de notre peuple qui, sans être aucunement porté à l'outrecuidance, tient à garder sa personnalité, d'autant plus qu'il a failli la perdre et qu'il constate que, partout, les autres affirment ardemment la leur, qu'il s'agisse de souveraineté, de langue, de culture, de production, voir de sport.

Charles de Gaulle, Mémoires d'Espoir, pages 179 - 180.



Walter Hallstein est le président de la commission. Il épouse ardemment la thèse du super-état et emploie toute son habile activité à obtenir que la communauté en prenne le caractère et la figure. De Bruxelles, où il réside, il a fait comme sa capitale. Il est revêtu des aspects de la souveraineté, dirigeant ses collègues entre lesquels il répartit les attributions, disposant de plusieurs milliers de fonctionnaires qui sont nommés, affectés, promus, rétribués, en vertu de ses décisions, recevant les lettres de créance d'ambassadeurs étrangers, prétendant aux grands honneurs lors de ses visites officielles, soucieux, d'ailleurs, de faire progresser l'assemblage des six dont il croit que la force des choses fera ce qu'il imagine.

Cette divergence capitale entre la façon dont la commission de Bruxelles conçoit son rôle et le fait que mon gouvernement, tout en attendant d'elle des études et des avis, subordonne les mesures importantes à la décision des Etats, entretient un désaccord latent. Mais comme le traité spécifie qu'au cours du démarrage rien ne vaut sans l'unanimité, il suffit de tenir la main à ce qu'il soit appliqué pour qu'on ne puisse passer outre la souveraineté française. J'y veille avec soin.

La bataille est longue et dure. Nos partenaires, qui voudraient beaucoup que nous n'ayons pas changé de République, comptent en effet que, cette fois encore, nous nous laisserons aller à sacrifier notre cause à l"intégration européenne", comme cela avait eu lieu successivement pour la C.E.CA. où tous les avantages étaient, à nos frais, attribués à d'autres...


Charles de Gaulle, Mémoires d'Espoir, pages 195 - 197


De toute façon et comme c'était à prévoir, on vérifie que, pour aller à l'union de l'Europe, les états sont les seules éléments valables, que si l'intérêt national est en cause rien ni personne ne doit pouvoir leur forcer la main et qu'aucune voie ne mène nulle part sinon celle de leur coopération.

Ce qui à cet égard, est vrai dans l'ordre économique est évident dans la politique. Il n'y a là, d'ailleurs, rien qui ne soit naturel. A quelle profondeur d'illusion ou de parti pris faudrait-il plonger, en effet, pour croire que des nations européennes, forgées au long des siècles par des efforts et des douleurs sans nombre, ayant chacune sa géographie, son histoire, sa langue, ses traditions, ses institutions, pourraient cesser d'être elles-mêmes et n'en plus former qu'une seule ? A quelles vues sommaires répond la comparaison, souvent brandie par des naïfs, entre ce que l'Europe devrait faire et ce qu'ont fait les Etats-Unis, alors que ceux-ci furent créés, eux, à partir de rien, sur une terre toute nouvelle, par des flots successifs de colons déracinés ? Pour les six, en particulier, comment imaginer que leurs buts extérieurs leur deviennent soudain communs, alors que leur origine, leur situation, leur ambition sont très différentes ?



Charles de Gaulle, Mémoires d'Espoir, pages 200-201


« Du moment...que Vichy...acceptait d'asservir l'Etat à un Etat ennemi, il perdait toute qualité pour représenter et diriger la France, car, pour une grande nation, il n'y a pas de légitimité en dehors de l'indépendance. »

Charles de Gaulle, discours prononcé à Bordeaux le 15 mai 1947, in Discours et Messages, t. 2, p.76.

 


"La dégradation de l'Etat entraîne infailliblement l'éloignement des peuples associés, le trouble de l'armée au combat, la dislocation nationale, la perte de l'indépendance..."

Charles de Gaulle, déclaration du 15 mai 1958, in Discours et Messages, t. 3, p.3.

 


"On a préféré un truc, un organisme bizarre, l'intégration, plutôt qu'une entente entre les nations. Depuis, le Marché commun est entre le zist et le zest."

Charles de Gaulle, Palais de l'Elysée, le 30 décembre 1961.

Mercredi 4 juillet 2007

Visiblement beaucoup se réclament de l'héritage du général de Gaulle sans savoir réellement ce que recouvre le gaullisme de conviction.


Nous pensons qu'il est temps d'expliquer clairement sur quoi celui-ci repose.


Contrairement à la caricature que l’on nous prête quotidiennement, le gaullisme n'est nullement la volonté de revenir à une politique menée dans les années 60 ! Le gaullisme a une vision qui s'ajuste sans commune mesure à la modernité et aux problèmes de la France d'aujourd'hui !
Néanmoins celui-ci est basé sur des principes et des convictions fortes qui font qu'une personne s’en affranchissant ne saurait se réclamer de cet héritage.

Le gaullisme ce n'est pas un pragmatisme à tout va qui ferait alors que tout le monde pourrait s'en réclamer.

Il est surtout basé sur les 4 axes qui constituent ce dont pourquoi le général de Gaulle s'est toujours battu :


1) L'indépendance nationale

Le premier axe du gaullisme de conviction est l'indépendance nationale.

Comment prétendre se réclamer du général de Gaulle lorsque l'on défend une vision de la France et de l'Europe radicalement différente de la sienne ? Tel est bien le cas de beaucoup de défenseurs de l'Europe supranationale, symbolisée par le Traité de Constitution Européenne et le Traité de Maastricht, qui n'hésitent pas à se revendiquer "gaulliste".
Nous ne pouvons que conseiller à ces personnes d'étudier la politique du général de Gaulle, de lire ses discours et oeuvres ! Il ne suffit pas d'admirer une personne pour se réclamer de son héritage politique.

Le droit des peuples à disposer d'eux mêmes, telle est la ligne directrice du gaullisme, conception qui ne vaut pas que pour les autres pays mais également pour la France.

Quelle était la vision du général de Gaulle sur l'Europe ? L'intéressé est sans doute le mieux à même pour y répondre.

Après tant de leçons, on pourrait penser que, la guerre finie, les milieux qui prétendent conduire l’opinion se montreraient moins disposés à la subordination. Il n’en n’est rien. Au contraire! Pour l’école dirigeante de chaque parti politique, l’effacement de notre pays est devenu une doctrine établie et affichée. Tandis que du côté communiste, il est de règle que Moscou a toujours raison, toutes les anciennes formations professent le « supranational », autrement dit la soumission de la France à une loi qui ne serait pas la sienne. De là, l’adhésion à « l’Europe » vue comme une construction dans laquelle des technocrates formant un « exécutif » et des parlementaires s’investissant du législatif -la grande majorité des uns et des autres étant formée d’étrangers - auraient qualité pour régler le sort du peuple français. De là, aussi, la passion pour l'organisation atlantique qui mettrait la sécurité, par conséquent la politique, de notre pays à la discrétion d'un autre. De là, encore, l'empressement à subordonner les actes de nos pouvoirs publics à l'agrément d'institutions internationales où, sous les apparences de délibérations collectives, s'exerce en toutes matières, politiques, militaires, économiques, techniques, monétaires, l'autorité suprême du protecteur et où nos représentants, sans jamais dire: "nous voulons", ne feraient que "plaider le dossier de la France". De là, enfin, l’incessante irritation provoquée dans le gent partisane par l’action que je vais mener au nom d’une nation indépendante.

Charles de Gaulle, Mémoires d'Espoir



La politique européenne du général de Gaulle est toute entière résumée par le fameux compromis du Luxembourg, conséquence de la crise de la chaise vide, celle-là même étant causée par la volonté des autres nations européennes d'appliquer le vote à la majorité qualifiée.

Extension du vote à la majorité qualifiée repris dans la 1ère partie du TCE rejeté par les français le 29 mai 2005 et qui figure dans le nouveau traité voulu par le Président de la République !

Ainsi, peut-on véritablement se réclamer du gaullisme en étant favorable à ce système de vote à la majorité qualifiée que combattait le général de Gaulle, qui fait de l'Europe une super nation et de la France un lander dont les représentants ne feraiten que plaider sa cause sans jamais dire "nous voulons" ou opposer son véto?

La réponse est évidente !

Tout prétendu gaulliste qui nous vanterait l'Europe supranationale de Schumann et Monnet est de fait ni plus, ni moins qu’un "usurpateur".

L'Europe souhaitée par le général de Gaulle s'orientait sur les réalités et la réalité est que l'Europe est composée de nations, c'est par elles et non contre elles que l'Europe doit se faire donc l'Europe ne peut être que celles des nations !

"Pour pouvoir aboutir à des solutions valables, il faut tenir compte de la réalité. La politique n’est rien d’autre que l’art des réalités. Or, la réalité, c’est qu’actuellement, l’Europe se compose de nations. C’est à partir de ces nations qu’il faut organiser l’Europe et, s’il y a lieu, de la défendre. Au lieu d’une fusion intolérable et impraticable, pratiquons l’association. En poursuivant des chimères, on a déjà perdu des années. "

Charles de Gaulle, conférences de presse tenue à l’Hôtel Continental, 25 février 1953.



2) Les institutions

Le deuxième axe de la politique gaullienne tourne autour des institutions.

Des institutions qui font du Président de la République non plus l'inaugurateur des chrysanthèmes comme sous la IIIème et IVème République mais le véritable Chef de l'Etat se situant au dessus des partis politiques.

C'est donc du chef de l'État, placé au-dessus des partis que doit posséder le pouvoir exécutif. Au chef de l'État la charge d'accorder l'intérêt général quant au choix des hommes avec l'orientation qui se dégage du Parlement. A lui la mission de nommer les ministres et, d'abord, bien entendu, le Premier, qui devra diriger la politique et le travail du Gouvernement. Au chef de l'État la fonction de promulguer les lois et de prendre les décrets, car c'est envers l'État tout entier que ceux-ci et celles-là engagent les citoyens. A lui la tâche de présider les Conseils du Gouvernement et d'y exercer cette influence de la continuité dont une nation ne se passe pas. A lui l'attribution de servir d'arbitre au-dessus des contingences politiques, soit normalement par le conseil, soit, dans les moments de grave confusion, en invitant le pays à faire connaître par des élections sa décision souveraine. A lui, s'il devait arriver que la patrie fût en péril, le devoir d'être le garant de l'indépendance nationale et des traités conclus par la France.

Charles de Gaulle, Discours prononcé à Bayeux le 16 juin 1946


Contrairement à ce qu'on peut souvent entendre, la Vème République n'est nullement responsable de la situation politique de la France. La Véme République est devenue ce que les hommes politiques ont voulu en faire car nos institutions n'ont de cesse été modifiées.
Qui se souvient que sous la présidence de Gaulle, de 1959 à 1969, deux gouvernements, conduits par Pompidou, ont été renversées par sa propre majorité ? Pourrait-on imaginer une telle situation de nos jours ?

Le régime des partis que le général de Gaulle dénonçait l’a emporté et impose sa prééminence encore plus fort que jadis !


Après la cohabitation, le quinquennat a fini de travestir la Vème République l'écartant définitivement de sa véritable nature. L'inversement dans le calendrier fait que les législatives n'ont plus beaucoup d'intérêts ce qui traduit sans doute le faible taux de participation lors de la dernière législative en date.


La volonté de l'actuel président de la République de rendre des comptes directement au parlement achèvera la République gaullienne la transformant de fait en régime présidentiel de style USA.

Une rumeur circule actuellement prétendant que le général de Gaulle voulait que le président de la République se rende devant le parlement. Nous nous insurgeons contre ce mensonge, repris par certains médias, qui n'a pour but que de justifier la réforme de nos institutions.

De Gaulle n'a jamais été favorable à voir le président de la République se justifier devant le parlement comme viennent de le confirmer Jean Foyer qui fut ministre sous la présidence de Gaulle et l'ambassadeur Pierre Maillard qui fut le conseiller diplomatique du général de Gaulle. Le discours de Bayeux semble assez clair sur la question, ainsi que la réaffirmation le 13 juin 1958 par le général de Gaulle que la séparation des pouvoirs est au coeur de la question constitutionnelle. 


Défendre la Vème République c'est défendre ses institutions d'origines, sa nature, ses fondements et non son chiffre. Comment un gaulliste pourrait, de ce fait, encourager et se déclarer favorable à la présence du président de le République à la tribune du parlement ?


Aucun gaulliste ne peut également et sincèrement se déclarer satisfait de voir le régime des partis dominer la vie politique plus fort que jamais grâce à son avatar, le bipartisme, qui met à mal notre démocratie.

Démocratie qu’il est d’ailleurs nécessaire de rééquilibrer.


3) La 3ème voie sociale

Le 3ème axe porte sur une alternative dans le domaine économique et social, une 3ème voie.

Plus communément connue comme "Association capital-travail" ou "participation", le gaullisme défend une vision de la politique économique et sociale qui s'oppose à la fois au système capitaliste (dans lequel les patrons détiennent le pouvoir et le capital) et au système socialiste (où l'Etat concentre entre ses mains la réalité des décisions et des moyens).

3ème voie économique dont les Pompidolistes ont, à l'époque, empêché sa mise en place.

La participation n'est nullement la traduction d'un capitalisme populaire comme le pensent ou le présentent quelques-uns mais bien une alternative aux deux systèmes classiques.

Elle traduit la volonté d'associer le progrès économique avec la justice sociale.

" Il y a une troisième solution : c'est la participation, qui elle, change la condition de l'homme au milieu de la civilisation moderne. Dès lors que les gens se mettent ensemble pour une œuvre économique commune, par exemple pour faire marcher une industrie, en apportant soit les capitaux nécessaires, soit la capacité de direction, de gestion et de technique, soit le travail, il s'agit que tous forment ensemble une société, une société où tous aient intérêt à son rendement et à son bon fonctionnement et un intérêt direct.

Cela implique que soit attribué de par la loi, à chacun, une part de ce que l'affaire gagne et de ce qu'elle investit en elle-même grâce à ses gains. Cela implique aussi que tous soient informés d'une manière suffisante de la marche de l'entreprise et puissent, par des représentants qu'ils auront tous nommés librement, participer à la société et à ses conseils pour y faire valoir leurs intérêts, leurs points de vue et pour y faire valoir leurs propositions. C'est la voie que j'ai toujours cru bonne. C'est la voie dans laquelle j'ai fait déjà quelques pas ; par exemple, en 1945, quand, avec mon gouvernement, j'ai institué les comités d'entreprises, quand, en 1959 et en 1967, j'ai, par des ordonnances, ouvert la brèche à l'intéressement. C'est la voie dans laquelle il faut marcher. "

De Gaulle entretien avec Michel Droit 1968

La participation porte également sur le rôle important que doit tenir les acteurs économiques et sociaux dans la vie de notre nation, en associant dans une même chambre d'une part les représentants des collectivités locales et des activités régionales, d'autre part, des représentants des grands organismes d'ordre économique et social du pays.

Une assemblée qui rassemblerait alors toutes les forces vives de la nation.


4) La 3ème voie politique

Enfin le 4ème axe traduit le positionnement politique.

Le gaullisme n'est ni de droite, ni de gauche ou plutôt peut être considéré comme de gauche et de droite à la fois. Il ne vise pas au rassemblement exclusif des gaullistes mais au rassemblement du peuple français autour de la France donc par delà les clivages et querelles partisanes puisqu’il agit dans l'intérêt général du pays et non pour l'intérêt d'un clan politique ou d'une catégorie de la population.

Ce rassemblement ne peut donc s'inscrire à travers une majorité qui se revendique de droite ou de gauche.

"Le RPF n'est pas un parti. S'il en était un, nous serions exclusifs. Nous ne rassemblerions pas les Français mais uniquement des militants."

Charles de Gaulle


C’est pourquoi nous déplorons de voir quelques personnes, se réclamant de la pensée du général de Gaulle, affirmer que se placer au dessus des clivages droite-gauche n'existe pas et qu'il faut forcément choisir entre un camp et l'autre. Cette vision de la politique n'est nullement celle du général de Gaulle mais celle de Georges Pompidou qui fut d'ailleurs l'inventeur de cette fameuse étiquette "majorité présidentielle" transformant malheureusement le président de la République en chef d'une majorité politique !

Le gaullisme est donc une force de rassemblement de ce fait il ne peut devenir officiellement un courant d'une majorité de droite ou de gauche. Le gaullisme de mouvement ne peut être que majorité ou rien. Bien évidemment des personnes de tendance gaulliste peuvent agir au sein ou aux côtés des partis traditionnels mais prétendre le faire au nom du gaullisme et en se cachant donc derrière l'image du général de Gaulle va à l'encontre de l'action menée par celui-ci et à sa mémoire.

"La France, c’est tout à la fois, c’est tous les Français. C’est pas la gauche, la France ! C’est pas la droite, la France ! Naturellement, les Français comme de tout temps, ressentent en eux des courants. ...Prétendre faire la France avec une fraction, c’est une erreur grave, et prétendre représenter la France au nom d’une fraction, cela c’est une erreur nationale impardonnable"

Charles de Gaulle, 15/12/1965


"On ne peut pas être vraiment Gaulliste si on est de gauche, ni si on est de droite. Être Gaulliste, c'est être ni à gauche, ni à droite, c'est être au-dessus, c'est être pour la France "

Charles de Gaulle


De tout cela nous pouvons conclure qu'une personne se revendiquant "plutôt de droite" et "plutôt libérale" tout en se réclamant du "gaullisme de conviction" voir même du "gaullisme social" fait preuve d'une méconnaissance totale de ce qu'est le gaullisme, ce qui nous désole car donnant une fausse image aux français de la vision politique du général de Gaulle.

Il ne faut d'ailleurs pas confondre le gaullisme dit  "orthodoxe" de cette dérive droitière baptisée "néo-gaullisme" qui en réalité devrait plus clairement se faire appeler "pompidolisme".


Enfin, pour conclure, être gaulliste c'est passer un partenariat loyal mais avec la France, uniquement  et non avec une majorité politique !  C'est agir avec la volonté de voir s'unir le peuple français et avoir pour seule ambition le redressement national et la grandeur de la France !

par Sébastien NANTZ et Christophe CHASTANET publié dans : Vrais Gaullistes
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Commentaires

L
'
avenir, c
'
est la trahison des promesses

 




 



Les derniers sondages relatifs à la popularité du couple exécutif sont, il faut le reconnaître, plutôt flatteurs. Pour autant, personne n
'
oserait attribuer un tel résultat à la seule politique menée par Nicolas Sarkozy.

 



L
'
absence d
'
une opposition structurée avec des chefs réellement reconnus laisse à penser que les Français s
'
accrochent désespérément à
Nicolas Sarkozy
, omniprésent et seul sur la scène politique. Oui, seul ! Les opposants de haut vol ont été casés, à l
'
image de Dominique Strauss-Kahn et de Bernard Kouchner, et le Premier ministre a décidé de jouer les "courants d
'
air". Ce n
'
est pas un effacement circonstanciel, mais les prémices d
'
une réforme en profondeur de nos institutions.

 



 

 



Régime présidentiel sans référendum

 



La marche vers la présidentialisation du régime est entamée. Et rien n
'
arrêtera Nicolas Sarkozy. Le peuple ne sera pas consulté contrairement à ce qu
'
il déclarait le 12 juillet dernier à Epinal : "En France, les valeurs de la République et la conception de la nation créent un penchant pour la démocratie directe plus marqué que dans les autres grandes démocraties où l
'
on attache plus de prix aux corps intermédiaires et à la démocratie représentative… On peut s
'
en réjouir ou au contraire le déplorer, mais c
'
est cela l
'
identité de
la France. C
'
est

cela l
'
héritage de l
'
histoire de France."

 



 

 



L
'
Europe selon
A
ngela Merkel

 



Une exception ? Non. Nous serons dans un schéma identique d
'
absence de démocratie réelle pour ce qui concerne le traité européen simplifié que le locataire de l
'
Elysée entend faire ratifier par la seule voie parlementaire.

 



Les promesses multiples claironnées pendant la longue campagne présidentielle de prendre en compte le "non" majoritaire du 29 mai 2005, la position particulièrement ferme du candidat UMP contre l
'
adhésion de la Turquie à l
'
Union européenne, sa volonté exprimée à plusieurs reprises de changer la politique monétaire de
la Banque Centrale
européenne n
'
engagent plus le Président de
la République. L
'
A
llemagne

a pris le pouvoir en Europe, et
Nicolas Sarkozy
l
'
accepte. Il recule face à
A
ngela Merkel qui défend avec opiniâtreté les intérêts de son pays.

 



 

 



La politique étrangère s
'
américanise

 



Les US
A
veulent étendre le pouvoir de l
'
OT
A
N en favorisant l
'
intégration européenne de
la Turquie. Nicolas Sarkozy
l
'
accepte. Il donne satisfaction à Georges W. Bush. Cela est-il suffisant pour sceller la toute nouvelle lune de miel ? Non. Le nouveau Président veut aller plus loin.
A
près avoir installé la commission chargée de rédiger, d
'
ici mars 2008, le livre blanc qui engagera la politique de défense de la France pour les quinze années à venir, il lui demande de "porter une attention particulière au renforcement de la dimension européenne de notre politique de défense et de sécurité, ainsi qu
'
à notre contribution à la sécurité de l
'
alliance atlantique (OT
A
N) dans son ensemble"
. Le retour de la France au sein du commandement intégré de l
'
OT
A
N est en filigrane. De Gaulle doit se retourner dans sa tombe. Quant à l
'
Iran,
Nicolas Sarkozy
tire le premier et identifie la seule alternative possible : "la bombe iranienne ou le bombardement de l
'
Iran"
, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives à G.W. Bush qui conclut, 48 heures après, que les Etats-Unis "rallient leurs amis et alliés tout autour du monde pour isoler ce régime".

 



 

 



La bavure linguistique

 



La langue française est marginalisée par le protocole de Londres relatif aux brevets européens cher à Lionel Jospin et à Tony Blair, mais rejeté par l
'
Italie, l
'
Espagne, la Belgique, l
'
A
utriche et le Portugal.
Nicolas Sarkozy
l
'
accepte et propose que la France le ratifie. Il s
'
incline face aux pressions des multinationales anglo-saxonnes et japonaises, avec la bénédiction du MEDEF.

 



 

 



Comme la croûte des pâtés, les promesses sont faites pour être rompues

 




Nicolas Sarkozy
a tout fait pour récolter une large partie de l
'
électorat qui a dit "non" à l
'
Europe fédérale qui nous était proposée au travers de l
'
ex-traité européen. Elu, il nous le ressert intégralement sur un nouveau plat. Elu, il s
'
estime libre de faire le contraire de ses engagements. Les discours prometteurs écrits pendant la campagne présidentielle par ses deux serviteurs les plus zélés, Max Gallo et Henri Guaino, sont caducs.  Les promesses sont pareilles aux vagues de la mer : elles meurent aussi vite qu
'
elles naissent. L
'
indépendance de la France n
'
est plus une priorité pour Nicolas Sarkozy.

 






A
lain Kerhervé


 



www.gaullisme.fr

 




 




 


commentaire n° : 1 posté par : KERHERVE (site web) le: 01/09/2007 14:27:29

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