Etre Gaulliste

Publié le par Sébastien NANTZ et Christophe CHASTANET

Mes chers Compagnons,

Sans doute certains d'entre vous ont été surpris par la récente offensive de charme de Nicolas SARKOZY en direction des gaullistes : célébration vibrante de l'Appel du 18 juin, discours vernis d'intentions républicaines et sociales, lyrisme patriotique...

Une véritable opération séduction destinée à retourner toutes celles et tous ceux qui ont voté Non le 29 mai, toutes celles et tous ceux pour qui la « certaine idée de la France » du Général conserve comme jamais son sens.
Ce nouveau positionnement tranche avec les déclarations répétées en faveur du droit de vote des étrangers, de la « discrimination positive » faisant le lit d'un communautarisme férocement antirépublicain, ou du fédéralisme européen. Difficile, donc, de se laisser abuser par ces audaces verbales soigneusement millimétrées, qui en rappellent étrangement d'autres... Après la « fracture sociale » en 1995 et « la France en grand » en 2002 brandies par Jacques CHIRAC, voici donc venu le temps pour Nicolas SARKOZY de s'essayer aux slogans patriotiques.


Mes chers Compagnons, ne nous laissons pas tromper une nouvelle fois par des discours calculés et sans lendemain. Ne laissons pas une fois de plus l'idéal gaulliste instrumentalisé et finalement trahi !
Etre gaulliste, c'est croire en la « France éternelle », libre et fidèle à elle-même, et non pas la brader avec une Constitution européenne qui détricote sa souveraineté avec la généralisation de la majorité
qualifiée.
Etre gaulliste, c'est un état d'esprit, un esprit de résistance, une certaine idée du peuple, de la France, de l'Homme et de la République. C'est une rigueur morale qui veut que l'on joigne le geste à la parole en ayant le courage de respecter ses engagements.
Etre gaulliste, c'est respecter le peuple, lui donner la parole et l'écouter. Peut-il y avoir une entorse plus grave à la décision souveraine des Français que de demander le vote du cœur de la Constitution européenne par voie parlementaire après 2007 ?


Etre gaulliste, c'est aussi croire à l'unité de la République, à l'égalité des chances et des territoires. Le Président de l'UMP est-il gaulliste lorsqu'il soumet à référendum un projet qui détricote l'unité de la
République et la cohésion nationale en Corse - projet légitimement refusé par les Corses eux-mêmes ?
Etre gaulliste, c'est vouloir donner la parole au peuple. Il est assez curieux que Nicolas SARKOZY n'ait pas dit un mot sur la place du référendum dans notre République lors de la présentation de ses réformes institutionnelles.


Etre gaulliste, c'est enfin croire à une certaine idée de l'Homme, c'est construire un projet économique et social qui le mette au coeur de tous les enjeux. Le Président de l'UMP a-t-il déjà agi ou même émis
des propositions pour réguler une mondialisation à visage inhumain, une mondialisation des délocalisations et du nivellement par le bas ?
Au-delà des effets de tribune et des stratégies de communication, il y a un minimum de cohérence entre les actes et les paroles qui s'impose.

A l'évidence, le candidat de l'UMP ne s'embarrasse pas de telles considérations ! C'est la raison pour laquelle tous les gaullistes de coeur et de conviction doivent se rassembler derrière la candidature de Nicolas DUPONT-AIGNAN, la seule qui fera vivre notre idéal en 2007 et bousculera le débat verrouillé que nous préparent les candidats de la pensée unique.

Jean-Pierre ENJALBERT, Secrétaire général de DLR

Publié dans La parole est à vous

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