Le gaullisme sera indépendant ou ne sera plus !

Publié le par Sebastien Nantz

Le gaullisme, idéologie particulière est né des idéaux d'un homme qui avait le sens des responsabilités et de la nation. D'un homme qui savait allier le progrès social avec une vision économique moderne.

Aujourd'hui ce gaullisme qui est une force de rassemblement au delà des clivages et des luttes partisanes est dans une situation particulière puisqu’il en est réduit à n'être qu'une idéologie d'appoint d'un gouvernement de droite qui lui est idéologiquement opposé.

Pendant ce temps certains gaullistes "de gauche" souhaiteraient voir incarner un courant gaulliste au sein d'une majorité de gauche. Pourtant, peut-on imaginer un seul instant De Gaulle se joindre à Mitterrand, les héritiers de De Gaulle soutenir ceux de Mitterrand ?

L'une comme l'autre de ces situations est inacceptable. Le gaullisme ne peut devenir une simple idéologie politique comme les autres, réduit à un rôle de faire valoir ou servir d'un simple soutien à un gouvernement. Tel cas s'était déjà produit sous De Gaulle où quelques membres du Rassemblement du Peuple Français ont décidé de soutenir le gouvernement de droite d'Antoine Pinay allant de ce fait "à la soupe" (terme employé par le Général).

Le Gaullisme doit-il pour autant être contraint de rester isolé ? La réponse ne peut nullement être positive, mais ce gaullisme doit être la force majoritaire conduisant à un redressement national par delà la droite et la gauche car telle était sa vocation et telle doit le rester.

Le gaullisme sera indépendant ou ne sera plus !

Celui ci doit se positionner comme il le fut historiquement c'est à dire au dessus des partis. Le positionner à droite ou à gauche sur le clivage politique serait le condamner à mort comme l'avait si bien affirmé à une époque un certain Jacques Chirac.

"Rien ne serait pire que la tentation de nous placer à droite. Il est clair que le mouvement gaulliste ne peut pas dans l'avenir être classé à droite. Pour cela, il y a d'autres mouvements politiques parfaitement adaptés. Mais il ne suffit pas de l'affirmer par des applaudissements. il faudra l'affirmer par des actes"
(Jacques Chirac, Le Monde, 01/07/1975)



Malheureusement plusieurs tenants des valeurs gaullistes s'affirment comme un courant de la droite classique. Le courage et l’honnêteté serait alors, dans ces conditions, de se réclamer tels qu'ils sont c'est à dire comme de simples "souverainistes ou Républicains de droite" !
A la mise en sommeil du RPF, plusieurs anciens membres du mouvement gaulliste ont, quant à eux, eu la franchise de s'affirmer comme des "Républicains sociaux" soutenant même le gouvernement Mendès-France mais sans pour autant entraîner le nom du Général avec eux !

Pourtant, les défenseurs de cette indépendance du gaullisme restent divisés en chapelles et semblent s'en contenter. Cette situation conduira inéluctablement à l'effacement du gaullisme qui ne peut devenir à l'avenir une idéologie uniquement locale bien qu'il faut féliciter et remercier ceux qui dans leurs villes, villages ou départements continuent à se battre pour défendre nos valeurs.

Plusieurs appels au rassemblement ont été lancés, plusieurs actions ou tentatives ont été réalisés malheureusement cela est resté lettre morte jusqu’à aujourd’hui.
Face à cela un autre appel doit être lancé, celui ci devant aller en direction des sympathisants gaullistes eux même, ceux qui chez eux partagent nos valeurs et nos idées mais qui, désespérés, refusent de s'engager, ceux qui, également, veulent une rupture avec la droite gouvernementale ainsi bien évidemment qu'aux mouvements de bonne volonté qui visent la défense de nos idéaux avant quelconque désir personnel.

Pour que le gaullisme, indépendant des clivages, pèse à nouveaux dans notre pays, il est plus que jamais temps d'agir.

Sébastien NANTZ

Debout la République

Christophe CHASTANET

Initiative Gaulliste

Publié dans Vrais Gaullistes

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Michel THOMAS 12/05/2006 01:32

Ces définitions de votre billet sont exactes, et je suis d'accord avec elles.
 

Sébastien NANTZ 11/05/2006 22:21

J'en profite pour diffuser également un texte de Pierre LEFRANC écrit il y a quelques années mais qui malheureusement est toujours d'actualité et qui va dans le sens du texte que nous venons d'écrire.
 
"Tromperie sur le gaullisme"Pierre Lefranc
Libération - 07/05/1998
 
Aucun parti ne peut accaparer l'héritage du père de la Ve République, surtout s'il en bafoue les principes. 
Personne ne doute que les principes affirmés par le général de Gaulle en son temps continuent à constituer aujourd'hui une source d'inspiration pour nombre d'hommes politiques d'un bout à l'autre de l'échiquier, tant à l'étranger qu'en France. Il faut s'en réjouir, cette situation répondant au vœu du général dont les comportements ont démontré qu'il ne pouvait être situé ni à droite ni à gauche.
C'est pourquoi il n'est pas acceptable qu'un groupement politique, quel qu'il soit, prétende accaparer un héritage dès lors que ce groupement ignorerait les principes fondamentaux du gaullisme, à savoir: l'autorité et la place primordiale de l'Etat dans la nation, le rôle prédominant du président de la République, pilier des institutions et dont le mandat s'exerce sur deux législatures, la mutation de la société par la participation, une économie protégée des excès du libéralisme et, enfin, et avant tout, la sauvegarde de l'indépendance nationale sous tous ses aspects.
Or c'est devenu un fait qu'un certain parti, le Rassemblement pour la République, s'emploie à se présenter comme le tenant et le défenseur des legs du gaullisme conforté en cela par les médias qui s'obstinent à le qualifier de "parti gaulliste", alors qu'on peut légitimement considérer que les prises de position de ce parti s'écartent considérablement - pour ne pas écrire s'opposent - aux principes clairement énoncés par de Gaulle.
Tout d'abord, ce parti se situe lui-même de plus en plus à droite; ensuite, en abandonnant la référence fondamentale à la notion d'identité nationale, il soutient une politique européenne en contradiction formelle avec l'Europe des nations voulues par le fondateur de la Ve République, lequel n'aurait certainement pas accepté de signer les traités de Maastricht et d'Amsterdam qui portent de graves et irréversibles atteintes à notre indépendance. De surcroît, le RPR a accepté, et active même, l'instauration d'une monnaie unique européenne privant la France dans l'avenir de toute autonomie réelle sur les plans budgétaires et social, alors que les régimes financiers comme les situations économiques des partenaires demeurent toujours fondamentalement éloignés.
Que le RPR ait une politique tout autre que celle préconisée par de Gaulle est son droit, mais suivre une telle politique au nom du gaullisme est une sorte d'abus de confiance. L'utilisation de l'appellation "néo-gaullisme" pour le RPR est encore trop éloignée de la réalité et l'on souhaiterait que ce parti ait le souci d'affirmer sa vraie personnalité plutôt que de revêtir une apparence qui trompe le peuple. Pourquoi n'utiliserait-il pas le nom de celui qui l'inspire du plus haut de la République ?
On ne peut pas prétendre gagner à la fois sur le tableau des accommodements et sur celui de la rigueur. La pratique de la rigueur dans les convictions et les objectifs - la capacité de dire non quand il le faut -, essence du gaullisme, est contraignante et nécessite courage et persévérance, mais, à terme, cette stratégie n'est-elle pas la plus payante? L'on est même tenté de se demander si ce n'est pas l'absence de cette rigueur qui explique certains échecs.